J’ai découvert à la fac ce qui influencera ton orientation

~ J’ai vécu 5 ans en fac. Non que mon appartement était dans l’enceinte du campus mais parce que j’y ai passé beaucoup de temps ! C’était ma 2ème maison. Ceci m’a permis d’analyser les avantages de l’université sur mes choix d’orientation. Tout est relatif. Certains amis n’ont pas apprécié le format et en sont ressortis désorientés. Heureusement, tout le monde est différent et mieux vaut être averti, puis expérimenter pour se faire une opinion. J’ai eu une bonne expérience et tu comprendras pourquoi dans cet article. Et je te conseille d’être attentif(ve) aux points suivants, tel un chasseur(se) en quête d’un métier. ~

La transversalité 

Tu t’en es aperçu(e) ou pas encore, l’université offre de nombreuses possibilités. Il te suffit d’ouvrir les bonnes portes ! Selon ton cursus, tu pourras plus ou moins palper les limites entre les disciplines. Notamment, au cours de ta 1ère année de fac. Tu dois imaginer tes études tel un entonnoir. Chaque année, tu te rapproches du goulet car tu fais des choix qui te spécialisent et tu ressens ta destination finale. Profite donc de tes 2 premières années pour découvrir les autres filières proposées, discutent avec d’autres étudiants sur ce qu’ils apprennent, écument la bibliothèque pour te donner de l’inspiration, …  La transversalité coupe la voie à laquelle on se réfère. Les cours que tu suis ont parfois des éléments en commun et peux donc faire des liens entre plusieurs matières. Celles-ci se recoupent et s’enrichissent entre elles. Tu retrouves cette transversalité généralement dans les cursus très généralistes.

“ L’école n’est pas d’abord un lieu de transmission des capacités, mais un lieu d’acquisition d’une volonté, d’une manière de voir, d’une manière d’être. ” Les compétences transversales en question de B. REY, Paris, 216 p. 

Astuce : il est conseillé de créer des liens entre les connaissances que tu as acquises pour tes partiels. Tu offriras une meilleure argumentation et des exemples concrets. 

La transversalité est une chance car elle permet également de faciliter la réflexion et de développer un esprit critique en prenant en compte divers aspects vus au travers de spécialités.

De même, tu retrouveras cette transversalité : “Au sein de l’entreprise, elles contribuent à développer les capacités à communiquer, à s’adapter et à s’organiser. Enfin, pour l’individu, elle sécurise son parcours face à des trajectoires professionnelles de moins en moins linéaires et prévisibles.” du Guide AEFA Evaluer les compétences transversales.

Progressivement, tu développeras donc des compétences transversales (plus ou moins nombreuses selon le poste occupé). 

Astuce : Les programmes universitaires te permettent (tout dépend les études choisies) d’avoir du temps libre sur ton planning pour bosser les cours et le PPP. Sur ce temps, autre que de rentrer chez toi pour mater une série sur Netflix ou passer ton aprem avec tes potes sur l’herbe, tu as la possibilité de t’incruster dans les cours en amphithéâtre (c’est plus discret) d’autres cursus licences. Si tu es malin(e), il est facile d’obtenir les horaires. Alors pourquoi pas assister à un cours de socio, ou d’archéologie, ou de physique, …  

 

Les sorties terrains et les projets communs 

Certains cursus intègrent une partie terrain dans le but de mettre en pratique la théorie en grandeur nature. Si tu es sensible à ce détail, fais-en un de tes critères de sélection suivant le programme de licence ou master. Pouvoir mettre en pratique, c’est l’idéal ! Et puis cela te donne concrètement une opinion sur la matière en question. Avec toujours en tête : “ Est-ce que je pourrais en faire mon métier ? ” Il est essentiel de ne pas perdre de vu l’objectif initial pour lequel tu passes du temps sur ce site. Si au cours de la sortie terrain, tu es amené(e) à rencontrer des acteurs et des professionnels, questionnes les sur leur parcours scolaire et comment en sont-ils arrivés à leur métier ? Pour aborder facilement une personne à ce sujet, nous avons des techniques pour te décoincer. 🙂 La plupart du temps, combinée avec la sortie, le prof te demandera un rendu ou un travail de groupe. Encore une occasion d’être curieux(se) !  

Travailler avec autrui permet d’apprendre beaucoup sur soi. Nos manières de faire ressortent et notre comportement est caractéristique. Tu es peut-être le fameux loup solitaire ou à l’opposé, comme un poisson dans l’eau pour communiquer avec les autres. Tu vas pouvoir découvrir si tu es fait(e) pour bosser en équipe ou pas. C’est un point important à savoir selon le métier que tu souhaites. Au cours des mises au point en réunion de groupe, tu peux même t’amuser à identifier ta position au sein de celui-ci. Les personnalités se révèlent lorsqu’il faut définir les rôles : le coordinateur, l’organisatrice, l’experte, …

Dans un groupe, voici 6 rôles (inspiré de Belbin) qui peuvent être tenus.
« Kpop_World_Festival_111 » by Republic of Korea, used under CC BY / Desaturated from original

Grâce à cela, tu pourras te faire une idée des modalités qui te conviennent pour ton métier et ton adaptation future dans la structure qui t’aura recruté. 

Des livres à gogo des plus grands spécialistes 

Pouvoir se connecter avec les plus grands cerveaux du monde est un avantage. Les universités possèdent toutes une bibliothèque avec une grande diversité de livres. Certaines sont même en réseau et cela permet d’avoir accès aux bibliothèques des autres universités de la région. Suivre la bibliographie donnée par les profs est déjà une excellente idée ! Mais étoffer ses connaissances par la lecture de livres classés dans les autres départements universitaires offre une possibilité de s’auto-éduquer. Parfois, les sujets traités par les auteurs peuvent être une révélation et te donner envie de te spécialiser dans ton parcours. Pourquoi pas même faire de l’auteur un mentor ? Il n’est pas nécessaire de lire entièrement les livres mais de sélectionner intelligemment les chapitres les plus pertinents. C’est clairement un hack ! Tu n’es pas un bon lecteur/ trice ?  

Astuce : Tu peux emprunter des versions audios ou bien des magazines traitant de sujets sérieux (plus facile à appréhender). Les formats poches peuvent également te donner le rythme.  

Ces lectures te permettront d’acquérir des références, amélioreront ton esprit critique, faciliteront tes argumentaires et t’aideront à t’orienter. Quand tu seras sorti(e) des études (ouf le plus grand bien, cela te fasse !), tu réaliseras que tu n’auras plus accès à toutes ses bibliothèques (sauf aux documents en ligne : thèses, mémoires,…)… Avec un métier, tu n’as plus assez de temps pour une orgie de bouquins ! Alors go ! Et si tu es compétitif, mets au défi tes potes : gagne celui/ celle qui aura consulté le plus de livres. Pour ma part, j’en ai lu 113 au cours de 5 années d’études (environ 2 livres de non fiction / mois). 

Astuce : sélectionne les chapitres des livres en corrélation avec ton programme universitaire en cours. Pas la peine de lire entièrement les ouvrages. Dans mes bouquins, je colle des post-it pour marquer les pages à ne pas oublier. 

 

Du temps libre pour m’épanouir 

Si tu fais tes études dans une grande ville, les distractions sont nombreuses et pas toutes idéales pour te faire avancer dans ton projet professionnel. Je suis passée par là moi aussi, mais il faut prendre le temps de s’aérer le cerveau non ? Des méthodes existent pour être plus performant(e) dans ses tâches et atteindre rapidement les objectifs fixés. Il est notamment important d’appliquer des techniques pour reposer son esprit.  

Tu verras ou tu découvriras (n’oublions pas les lecteurs/ trices qui n’ont pas encore commencé leurs études ou ont suivi d’autres voies d’enseignement) que selon ton année d’études, “ tes plages horaires libres ” évoluent. Sache que tu te gardes tout de même une à 2 heures de travail personnel par jour pour avancer tes révisions, lire un livre ou un article pour étayer tes prises de notes, faire tes exercices, … (bien évidemment c’est l’idéal, à toi de te constituer un rythme). Je te conseille de garder une partie de ton temps libre pour les sorties, les soirées, structurer ta vie sociale en fait … car les années universitaires sont les meilleures pour créer du lien social et nourrir ta créativité.

“ Par ailleurs, la sociabilité dépend du type d’études, on parle d’« effets filières » : un étudiant en Paces (première année commune aux études de sciences), par exemple, a comme objectif le concours très sélectif organisé en fin d’année, alors qu’un étudiant en sciences humaines peut profiter d’une certaine liberté, car son cursus est moins structuré. ” Interview de A. JELLAB, professeur de sociologie

Le restant utilise le pour prendre de l’avance, optimiser tes compétences, gagner en efficacité. Tu te dis peut-être à quoi bon d’y penser maintenant ?! Quand on est jeune et étudiant(e), on a le temps, un esprit agile et une mémoire d’éléphant. Donc ne rate pas le coche, il faut te donner de bonnes habitudes : teste de nouvelles méthodes (sur divers sujets) et vois si elles fonctionnent pour toi. Si non, passe à autre chose. Par exemple, tu trouves que tu as des difficultés de concentration :  

Pour récapituler, sur le temps libre qui t’est offert sur la semaine, je dirais une moitié pour le travail personnel universitaire, un quart pour améliorer tes capacités et un quart pour t’amuser ! 😉   

 

Des profs bons, moyens, bofs bofs 

Il est facile de remarquer les professeurs excellents qui te font oublier l’heure et te font boire leurs paroles (oui carrément), de ceux qui sont tellement soporifiques que tu te dis qu’ils ont dû manger un Rondoudou avant de venir et que tu te transformes en super Ronflex au bout de 5 minutes de cours. Personnellement, je savais si j’avais accroché au cours ou pas par le nombre de petits dessins autour de ma prise de notes, voir sur la feuille intégrale. Toi aussi tu as sûrement tes indicateurs. 3 solutions s’ouvrent à toi : tu persistes à venir au cours, quitte à ne rien retenir mais tu te dis qu’au moins tu as fait acte de présence. Sois-tu cours à la BU pour choper un bouquin qui remplace le prof. Sois en dernier recours, tu écoutes un podcast qui traite du sujet. Cela demande une certaine rigueur de s’auto-éduquer. Tu apprendras d’autant mieux que de te convaincre à assister au cours pensant que tu vas rater l’info du siècle alors qu’au final, tu auras perdu du temps…

Fixe toi comme impératif, à l’heure de cours du fameux prof pas terrible, de bosser sur sa matière en autodidacte. Attention, ce cours n’est pas exaltant pour toi, mais il est sûrement pour d’autres. Reste indulgent(e). De plus, rappelle-toi que tu payes tes frais d’inscription donc tu dois être satisfait(e) de la prestation des profs. Si ce n’est pas le cas, ne perd pas ton temps ! 🙂 De même, ce type d’expériences t’apprend également à faire des choix d’orientation c’est-à-dire à te spécialiser sur les matières qui te passionnent et de supprimer celles qui te barbent. Tu peux même identifier si l’organisation et la manière de procéder des profs te conviennent. Si ce n’est pas le cas, peut-être que le système universitaire ne t’est pas adapté ? 

Astuce :  Tu peux noter tes profs tout en restant objectif pour faire avancer le système scolaire avec Note2beJe n’ai pas testé mais tu peux tirer avantage des moyennes des profs intervenants dans ta formation.

L’autonomie  

Premièrement, l’inscription en milieu universitaire demande beaucoup d’énergie ! Tu cherches le dossier à compléter, désespérément la date limite d’envoi, tu te demandes quand est-ce que tu auras un retour, puis où récupérer ta carte étudiante, quelle complémentaire santé étudiante choisir, … Bref ! Un parcours de longue haleine ! Oui l’autonomie. Oui oui, car dans cette quête tu es peu accompagné(e) et tu fais les choses tout(e) seul(e).

“ Pour Doriane, 20 ans et étudiante en L1 histoire-sociologie : “ L’université, c’est le flou mais une fois qu’on y est, on arrive à s’adapter […] On ne nous explique pas vraiment ce qu’on doit faire, c’est à chacun de se débrouiller… ”. ” La socialisation universitaire des étudiants. 

Pense à ce point positif avant de déclencher une guerre nucléaire parce que tu ne trouves pas la salle de remise des attestations universitaires. 😉 Tu gagnes aussi en autonomie avec l’opportunité d’aménager toi-même ton planning (optimise le pour éviter de faire des allers-retours entre chez toi et la fac, à moins que tu prévois de faire des pauses BU à gogo). L’autonomie s’acquiert également dans la gestion de tes révisions. C’est bel et bien toi qui décides quand débuter et comment hiérarchiser tout ça selon l’ordre des partiels. Tu es autonome quand tu as compris que le cours du prof n’est pas suffisant et que tu as besoin de creuser plus loin. Et là tu finis par vraiment être autonome quand tu te fixes des objectifs de réussite et d’orientation, et que tu ne te laisses pas aller au moindre doute.    

 

Ouch ! Il y a une coquille dans le potage ! Tu te rends compte que tu n’es pas fait pour la fac. No soucy ! D’autres établissements existent avec un cadre structuré : les écoles, les centres de formation, les lycées, … Sans oublier de peser les avantages et inconvénients de chacun par rapport à tes attentes, besoins et contraintes.

 

Lucie Tomasar

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photo by: Chato_Dur

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